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Reflexions Sematiques ou les dix principes de la Célébration de Soi

Pourquoi les Noirs tiennent-ils absolument à intégrer la mémoire nationale de pays qui les vomissent et les digèrent mal ?

Ont-ils déjà oublié ce que publiait, le 22 mars 1882, la Défense Coloniale : « Quand à vous, vous n’êtes français que par décret. En vous arguant comme vous le faîtes d’un décret [...] échappé au gouvernement provisoire de 1848, vous reniez l’Afrique à laquelle vous devez votre origine. Vous êtes des renégats africains » .

Il semble que certains gardent pour nous une mémoire que nous avons perdue et que nous gagnerions à réintégrer.

Quand un Noir dit à un autre Noir « revenons à nous mêmes, habitons avec nos Ancêtres, avec les nôtres, avec notre Dieu », la pensée « iconoclaste » le trouve trop raciste et pas assez dans l’air du temps qui est à la construction de l’identité pan-humaine, au métissage.

Comme nous préférons écouter - et croire - la voix faite « universelle » de l’homme blanc, quand celui-ci dit que « notre origine est en Afrique », pouvons-nous espérer que c’est dit avec suffisamment de raison et de science, de vérité sanctifiée pour qu’intégrer une mémoire nationale trop blanche pour accepter d’être noircie, puisse ne plus être aussi vital ?

Pour certains d’entre nous, vivre, exercer en plénitude la souveraineté de Soi (je parle de manière collective, en tant que Peuple), n’est plus quelque chose qui va de soi, une évidence, une nécessité naturelle, une valeur humaine universelle, mais c’est un point de vue.

Un point de vue qu’il convient de discuter, de tempérer, de partager et de mélanger avec toutes les servitudes, apparentes ou non, pour obtenir une sorte d’esclavage métissé.

Car beaucoup de Noirs ressentent un immense plaisir à annoncer qu’ils ne sont pas racistes, qu’ils sont ouverts, qu’ils ont vu les lumières et qu’ils sont entrés. Le point de vue qu’est leur vie, ils aiment longuement en débattre avec les « blancs gentils. Blancs gentils qu’ils amènent partout ou qui les accompagnent partout où, ensemble, ils comptent démontrer leur ouverture d’esprit. Blancs gentils auxquels ils donnent en plus la parole pour qu’ils puissent nous exprimer leur volonté, plus ou moins affichée, de nous donner quelques leçons de vie, de nous faire croire qu’ils ont des vérités essentielles à nous apprendre ou qu’ils incarnent des valeurs morales élevées dont nous ne serions plus les dépositaires. Blancs gentils qui sont souvent plus efficaces en notre sein que dans leur propre communauté. Ce qui devrait nous interroger.

Encore une fois, nous oublions une chose fondamentale, rappelée par Lémy Coco (« Regards sur l’esclavage », p.136) : « La domination existentielle du blanc est liée à son pouvoir de réglementer la vie du Noir » . Qu’il soit gentil ou pas.

Que certains aient leur point de vue et que d’autres aient conscience de la profonde nécessité d’être les responsables de leur propre existence, il n’en demeure pas moins que nous restons libres de nos choix. Si Allah n’est pas obligé, le Nègre ne l’est pas non plus.

Pourtant, un fait parfaitement vérifiable devrait normalement retenir notre attention.

Quand l’occident rencontre un problème « d’impureté » qu’il n’a pas choisi, bien évidemment, un problème d’immigration, de Noirs, au hasard, immigration subie, illégale, lointain souvenir de la traite négrière clandestine (entre le monde blanc et nous, rien de nouveau), que fait-il ?

Il se réunit en toutes ses composantes, en compagnie de quelques cousins, anciens esclavagistes eux aussi, cousins des frontières méditerranéennes de l’Europe (qui se font parfois passer pour des frères en Islam des Noirs).

Pour trouver une solution au problème des flux migratoires. Pour pouvoir choisir comme par le passé, les plus robustes, les plus sains et les plus intelligents, parmi les membres de notre Peuple, continuer de le saigner à... blanc, comme de juste.

Et cette solution est souvent radicale, signe une fermeture totale, non seulement des frontières, mais de toute prise en compte des valeurs humaines, universelles quand il s’agit de nous empêcher de prendre conscience de notre oppression et de notre marginalité, et relatives quand il s’agit de nous abandonner dans le désert en attendant les nouveaux codes Noirs qui vont venir délimiter, définir les caractéristiques de notre humanité, ainsi que les conditions de notre vie ou de notre mise à mort, physique et/ou sociale.

Et quand ils discutent ainsi entre eux, avec aucun Noir à l’horizon, si ce n’est sous forme de squelette blanchi (bien entendu) dévoré par quelques vautours, combien s’élèvent contre ce national-leucodermisme ?

La tendance n’est-elle pas plutôt à l’union sacrée contre les polygames/casseurs/pyromanes ? Réguliers ou irréguliers, c’est la même racaille. Union sacrée car la patrie est en danger : acceptons les couvre-feux et les lois d’exception du bon vieux temps des colonies, et, peut-être bientôt les camps pour irréductibles... Et si des feux de cheminées se mettent à se consumer, on pourra toujours dire que l’on fait brûler du charbon en prévision d’un hiver qui s’annonce rude.

Références bibliographiques:

Aucune.

admin

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