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Reflexions Sematiques ou les dix principes de la Célébration de Soi

Pour exister par soi-même, il faut créer ses propres structures, fabriquer et consolider sa propre puissance économique et garantir l’emploi de ses hommes, femmes et jeunes gens.

La réalité des discriminations de toutes sortes que nous subissons et vivons exigent de nous cette organisation qui réalise ce que Malcolm X appelait « quelque chose à nous », Julius Nyerere, « self-reliance » et Kotto Essomé, « endocentrisme ».

Maintenant, j’aimerais bien que l’on m’explique en quoi, et spécialement pour les Noirs, exister par et pour soi, créer ses propres structures, est un « communautarisme » qui contreviendrait aux lois de la République ?

Alors qu’il suffit de se promener dans certains quartiers de Paris pour constater qu’il existe des communautés moins sensibles à l’épouvantail « communautariste » que nous, et qui d’ailleurs, s’en moquent royalement. Résultat : ils sont maîtres chez eux et même ailleurs, pendant que nous rasons les murs, criant haut et fort le mélange pathétique que nous adorons pour avoir et exister.

Y aurait-il encore aujourd’hui des esclaves qui n’ont le droit de ne rien posséder, de peur, que quelque part derrière eux ne claque un fouet de douloureuse mémoire, nous ramenant à la cale départ (du moins pour ceux d’entre nous qui croient être venus à l’existence dans les cales d’un navire) ?

Petit rappel historique : Code Noir (1685, article 28) : « déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leur maître ; et tout ce qui leur vient par industrie ou par libéralité d’autres personnes ou autrement à quelque titre que ce soit, être acquis en pleine propriété à leur maître, sans que les enfants des esclaves, leur père, leur mère, leurs parents et tous les autres libres ou esclaves puissent rien prétendre par succession, disposition entre vifs ou à cause de mort »

Si nous étions réellement dans un système qui a affranchi les asservis et aboli la servitude, pourquoi de tous les droits humains, nous interdit-on le plus fondamental : la constitution d’une communauté autonome ?

Avez vous déjà entendu des pakistanais, des chinois, des turcs ou des juifs venir discuter de mémoire partagée, quémander une intégration ou chanter les vertus du métissage ?

Non, pour la simple et bonne raison que ce sont des communautés fortes, organisées, avec des structures qui leur permettent l’autonomie et qui savent la puissance qu’il y a d’être en pleine connexion avec leur civilisation qu’ils n’ont l’intention, ni d’oublier, ni d’abandonner. Leur envoie t-on pour autant la police de proximité ou celle de la pensée « iconoclaste » ?

Pourtant, on ne parle pas, du moins à ma modeste connaissance, de communautarisme juif, chinois, hindou, pakistanais ou turc. Et, si je n’ai pas été victime d’une illusion d’optique, la nation qui se refuse à se penser comme constituée de « communautés », fête bien quelques fêtes qui ne sont pas catholiques.

Mais de célébration kamitique que nous porterions et imposerions, point, même - et ne fut-ce que - dans l’esprit des Nègres eux-mêmes.

Par contre, quand je vais en Afrique, c’est-à-dire à Château-Rouge ou Château d’Eau, des contrastes évidents me sautent aux yeux, me disant sans équivoque quel est le statut des uns qui ne sont ni ennuyés, ni stigmatisés et qui vivent leur particularité en paix, et quel est le statut constant, persistant des autres qui ont des droits que personne n’est tenu de respecter, et qui n’ont, comme destin, que de se fondre dans leur maître, dans tous les sens du terme.

C’est pourquoi l’Afrique d’ici et de là-bas est contrôlée par de multiples forces extérieures, celles de la loi et de l’ordre, bien entendu. Ce qui leur donne le droit de nous étouffer.

Mais évidemment, tout ce que je viens de dire ici, n’est qu’un point de vue...

Références bibliographiques:

Aucune.

admin

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