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Reflexions Sematiques ou les dix principes de la Célébration de Soi

Pour se libérer, célébrer sa propre grandeur, il faut, outre des principes, un symbole. Et ce symbole est Osiris.

7/ Le Mythe d’OSIRIS (mythe = destin = voie impérative à suivre pour se réaliser en plénitude)

Osiris est ressuscité, régénéré par Isis et Nephtys. Isis lui redonne même sa virilité que Seth avait mutilée. C’est dire l’importance fondamentale, incontournable, incontestable, supérieure de la Femme Noire dans le monde que nous avons à reconstruire et à célébrer. Ce que dit le mythe, c’est que la Femme Noire est le Pouvoir qui ordonne l’Univers et que l’Homme Noir doit servir. La Femme Noire est la Mère du Monde et la Reine du Ciel (puisqu’elle est ISIS, Celle qui connaît le Nom Secret de RA ; puisqu’elle est MAAT, Celle qui soutient et équilibre l’Univers ; puisqu’elle est SEKHMET, la Guerrière Suprême chargée de marteler - c’est-à-dire de détruire - les âmes des ennemis du Peuple Noir, le Peuple de Dieu par excellence).

Il semble que nous n’ayons pas encore compris ou intégré cette vérité essentielle. Pas plus nous, les Hommes Noirs que les dépositaires naturelles de cette Puissance Cosmique, les femmes Noires.

Par contre, ceux qui ont très bien compris le danger d’une Union Indéfectible entre l’Homme et la Femme Noirs, ce sont ceux qui maintiennent et perfectionnent la suprématie blanche.

Et cette suprématie s’attaque au mental, à la psychologie de la Femme Noire pour dissoudre de manière définitive l’Androgynie Originelle du Peuple Noir.

Il suffit de se promener dans la rue pour constater les changements physiques de la Femme Noire, qui matérialisent la manipulation mentale dont nous sommes tous l’objet.

Il suffit aussi de lire quelques magazines féminins « ethniques » pour s’en rendre compte.

-   Ces magazines sont pleins d’annonces demandant aux Noirs et pas sérieux de s’abstenir, car il existe des hommes blancs susceptibles d’être intéressés par une amitié et plus si affinités. Ces annonces, dont il faudrait un jour faire une étude, disent concrètement que l’Homme Noir et la Femme Noire n’ont plus de projet commun, n’ont plus rien en commun et que l’avenir de la Femme Noire, c’est-à-dire de la totalité de notre Race, est l’union, l’assimilation avec le monde blanc.

-   Ces revues sont pleines d’annonces publicitaires vantant les mérites de produits capables de modifier l’apparence, le teint, la longueur et la texture des cheveux des Femmes Noires qui finissent par ressembler, une fois la métamorphose achevée, non pas à Isis, Nephtys, Sekhmet, Tiyi ou Hatchepsout, mais à une blanche pathétique. Et c’est très évident chez les stars dites « Noires » : la plupart sont blondes avec des yeux bleus. Je ne connais pas le phénomène dans l’autre sens.

-   Un autre point est à souligner. Le mouvement gay et lesbien semble beaucoup se préoccuper de notre Communauté, soit en dénonçant notre supposée homophobie, soit pour nous amener à accepter ce choix de vie qui pour ce mouvement fonde une nouvelle identité sexuelle, en totale contradiction avec les réalités les plus profondes du monde Noir.

Ainsi, nous qui pensions avoir suffisamment de problèmes comme ça (plusieurs teintes de peau, plusieurs pays, plusieurs ethnies, plusieurs religions, plusieurs points de vue), nous retrouvons avec une nouvelle division : celle de l’identité sexuelle et du « gay » savoir. Nous ne sommes pas homophobes. Nous sommes Androgynes. Nous n’avons pas de troisième sexe.

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Aujourd’hui, il semblerait que les Noir(e)s ne naissent Noirs que pour devenir blancs.

J’aimerais que l’on me dise dans quels journaux blancs on fait une telle promotion pour changer l’âme, l’esprit et les corps des blancs pour qu’ils puissent devenir des Noirs.

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Osiris est sauvé par deux femmes. Mais ne me faites pas dire ce que je ne pense même pas. Osiris n’avait pas deux bureaux. Il n’était pas polygame. Ce que je ne saurais recommander aux Noirs vu les problèmes brûlants que cela peut poser.

Quand Osiris est réunifié, re-solidarisé, reconstruit, les différentes parties de son corps, autrefois dispersés, ne se sont pas mises à discutailler, à se confronter pour savoir si elles faisaient bien partie du Corps du Grand Noir, ou pas. Elles n’ont pas cherché à prendre la place d’un autre organe. Elles n’ont pas pensé être des « parties nouvelles », dont le rôle ne serait plus de mouvoir et de servir le Corps du Grand Noir, mais de se greffer sur le petit corps albinos de l’Enucléé...

Toutes les parties ont repris leur place, naturellement. Elles ont fait AGIR le CORPS, chacune dans son rôle précis. Et quand le Corps du Grand Noir s’est dressé dans l’éternité, il ne s’est pas mis à tourner en rond, à la recherche de l’amitié, de l’amour, de l’intégration ou de la représentativité, ou à chanter qu’il était en paix avec la terre entière. Il s’est Assis sur son Trône : c’est-à-dire qu’il s’est mis à exercer le pouvoir qui le célèbre.

Noir est la couleur de Dieu. Celle du Pouvoir. Celle de la lumière inondant le Monde de sa Transcendance.

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Le rôle du Noir en ce monde n’est pas déterminé par les largesses, bontés, sentiments humanitaires ou charités spirituelles du blanc (lutte contre les discriminations, antiracisme, quota, intégration, visibilité, la République de tous ses citoyens, de la première à la huitième zone), mais est déterminé par le Grand Noir, qui de son Trône Divin, dont il a expulsé l’usurpateur, se demande ce que nous foutons de notre Génie et de notre Gloire.

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Osiris et Isis ont eu un Enfant. Horus. C’est Horus qui venge son Père et récupère le Trône Kamitique volé par Seth. Ce qui implique que nos enfants sont nos armes de destruction massive de l’oppression raciale, les armes intelligentes que nous devons préparer dès aujourd’hui pour qu’elles soient efficaces demain, qu’elles puissent frapper chirurgicalement et faire le moins de dommages collatéraux possibles. Nous aussi, nous menons une lutte contre le terrorisme de la suprématie blanche, une lutte pour notre liberté immuable.

Voilà ce que sont nos enfants, les multiples incarnations d’Horus qui doivent défaire Seth pour rétablir la Mâat qui est, dans ce contexte de guerre, l’équilibre de la terreur. Et si la terreur est également disponible dans chaque camp, ses effets s’annulent. S’installe la Paix Universelle.

A moins, évidemment, que nous préférions que nos enfants ne soient que de bons français (occidentaux), plus ou moins bien adaptés à leur environnement social, portant les nouveaux noms de notre asservissement sans cesse réactualisé (« intégrés », « métis ») et qui ne connaissent de l’Afrique que les aventures de Kirikou.

Il est, à mon humble avis, humiliant et peu ambitieux de ne rêver, pour notre progéniture et pour nous mêmes, que d’un horizon où nous n’aurions, comme unique destinée, que l’assimilation au paraître et à l’être occidental.

Ce que l’Aîné Afro-brésilien Abdias Do Nascimento définit ainsi : « blanchir ou périr ».

Continuons donc de vivre en nous intégrant le mieux possible, c’est-à-dire en nous faisant le plus petit possible, en étant le moins visible possible (et si nous le sommes, visibles, montrons que nous sommes des blancs à peau noire), soyons le plus silencieux possible pour mériter enfin le nom collectif que l’on nous donne : minorité. Celle qui n’est pas importante, qui compte pour si peu, qui est insignifiante. Celle qui fonde le statut de « mineur », d’enfant qu’il faut accompagner sur la route du progrès. Et comme celle-ci est longue... la minorité risque de rester « mineur », de génération en génération.

A titre de comparaison, les blancs qui exercent la suprématie blanche délocalisée en nos ténébreuses tropiques, contrôlant notre économie, bien souvent à notre détriment, ne donnent jamais à leurs enfants (même s’ils sont installés depuis des générations en nos latitudes clémentes) d’éducation autochtone, ne leur font pas parler la langue du pays (puisque cet idiome est une langue de l’espace linguistique européen), ne les éduquent pas dans la religion des Noirs (puisque ceux-ci veulent être purifiés dans le sang de l’Agneau, pour être plus blancs que neige), ne passent pas leur temps à solliciter l’intégration, à être la personnalité la plus appréciée des Nègres, à réclamer à cor et à cri une représentativité dans les médias, les entreprises, les ministères, pour eux-mêmes ou pour leurs enfants.

Et quand tout va mal pour eux (qui ne connaissent pourtant ni problèmes de visas, de passeports, de contrôles au faciès), ils savent pouvoir compter, non pas sur nos tristes polices ou soldatesques, mais sur les forces célestes (puisqu’elles viennent souvent en transports de troupes et se baladent en hélicoptères) ; forces qui viennent sauver nos ressortissants et protéger notre mode de vie, même, et surtout, à l’étranger.

Ah oui, j’oubliais : ce n’est pas pareil !

Je compare ce qui n’est pas comparable, les contextes ne sont pas les mêmes. Je suis peut-être même de mauvaise foi, et comme je suis Noir et que la raison est plutôt hellène, ma bien compréhensible émotivité pré-logique fait que je ne suis pas très objectif, faussant ainsi mon analyse. Je fais donc de l’idéologie, pas de la science.

Mais la réalité, me semble t-il, demeure, les faits étant têtus. Nous sommes dans deux dimensions.

Il y a ceux qui se vivent comme descendants d’esclaves qui ont des problèmes d’identité, des difficultés à voir et à réaliser en eux une autre valeur que celle qu’ils ont en exemple depuis 4 siècles : la blancheur, ses dieux, ses poètes, ses prêtres, ses soldats et ses néo-réactionnaires.

Et ceux qui, n’ayant pas ce handicap, déterminent pour l’univers entier les définitions du bien et du mal, et savent, depuis leur enfance, quel est le rôle qu’ils vont devoir assumer, de gré ou de force : celui de guide de l’humanité.

Nous avons donc deux plans d’existence et non une humanité universelle.

-   Ceux qui descendent d’Adam et qui se moquent continuellement de notre pomme.

-   Ceux qui étaient AVANT Adam, les pré-Adamiques qui, quoi qu’ils fassent ou deviennent, restent dans l’obscurité de la barbarie et de l’animalité.

Noirs dans la nuit de l’histoire. Noirs comme la nuit de l’histoire. Donc, invisibles.

***

Il est temps d’avoir du NEZ.

Le nez est dans notre culture, notre paradigme Afrocentrique, le siège du Pouvoir. Il nous faut retrouver l’intégralité de notre Pouvoir dans tous les domaines de l’activité humaine, pour que là aussi puisse se faire le rééquilibrage.

Alors viendra l’Humanité, car aujourd’hui, elle ne me semble pas exister telle qu’elle devrait l’être.

Conclusion : une journée du Peuple Noir est-elle nécessaire ? Kwanzaa peut-il être l’une des réponses ?

Telles étaient les questions.

Pour ma part, j’étendrais l’interrogation, comme ceci : LE PEUPLE NOIR CONNAIT-IL SEULEMENT SA VALEUR POUR SE JUGER DIGNE DE SE CELEBRER ? A T-IL CONSCIENCE D’AVOIR QUELQUE CHOSE DE PERSONNEL A CELEBRER ?

En bon serviteur de la DEESSE, je laisserais une Femme Noire nous donner la réponse, nous délivrer la Parole de Vie.

Ama Mazama dit : « Il est important de noter que Kwanzaa ne s’achève bien évidemment pas le 1er janvier, mais nous suggère en fait un canevas sur lequel tisser notre existence quotidienne, pour notre bénéfice et celui de notre peuple. C’est tous les jours qu’il faut pratiquer l’unité, l’auto-détermination, le travail et la responsabilité collectifs, la coopération économique, la vocation, la créativité, et la foi en nous-mêmes. Sinon, célébrer Kwanzaa n’a aucun sens. C’est à travers nos efforts conscients et persistant, notre refus de nous aplatir pour être mieux écrasés par nos ennemis, que nous parviendrons à nous remettre debout, ainsi que Marcus Garvey nous y exhortait : « debout, Race toute-puissante, il n’y a rien qui te soit impossible ! ». Des années plus tard, l’Afrocentricité a repris cette exhortation à son compte, et nous somme de nous définir nous-mêmes, et de ne plus nous satisfaire d’exister à la périphérie de la conscience blanche. Kwanzaa, en fin de compte, c’est notre pleine conscience de nous-mêmes en tant qu’Africains, une conscience qui s’exprime avec force, détermination, et sérénité » .

Christian Kotto

Références bibliographiques:

Aucune.

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